La hausse des admissions dans les facultés de médecine ne règlera pas à elle seule la pénurie d'effectifs médicaux au Québec.
Avec la publication récente de son rapport sur la pénurie d'effectifs médicaux, le Collège des médecins du Québec (CMQ) pose une série de questions pertinentes sur la gestion et la planification des médecins dans la province. Ce rapport met en lumière l'importance de la pénurie de médecins qui sévit au Québec ainsi que les nombreux défis de la médecine dans la province. Parmi ceux-ci, figurent la féminisation et le vieillissement de la profession, la réduction des heures travaillées par les médecins et les pratiques et départs hors Québec. La Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) voit là des pistes de réflexion intéressantes afin de mettre fin à l'insuffisance de médecins. D'ailleurs, la FMEQ considère qu'à elle seule, la hausse des admissions dans les facultés de médecine ne pourra redresser la pénurie actuelle.
Depuis maintenant quelques années, les universités Laval, McGill, de Montréal et Sherbrooke, forment un nombre impressionnant de docteurs en médecine. Alors que seulement 476 étudiants ont été admis en 1999, c'est 798 étudiants qui l'ont été en 2006. Or, tous s'entendent pour le dire, les facultés de médecine fonctionnent actuellement à pleine capacité.
Pour plusieurs raisons, cette hausse était éminemment souhaitable. Toutefois, la rapidité et l'importance du changement, ainsi que le peu de réinvestissement dans les facultés et milieux de stage ont créé un nombre important de difficultés. Actuellement, les installations universitaires ont été en mesure, dans la plupart des cas, de pallier l'augmentation de la demande de formation. Toutefois, selon Mathieu Dufour, président de la FMEQ, « c'est plutôt du côté des milieux hospitaliers, où les étudiants de troisième et quatrième années font leurs stages pratiques, que le bât blesse ». Les installations académiques de certains hôpitaux (bibliothèque, salles informatiques et stations d'entrevues) sont de moins en moins adaptées aux exigences de la formation médicale d'aujourd'hui. Dans d'autres milieux, c'est l'exposition clinique qui est devenue moins riche qu'elle ne l'était avant les hausses. C'est simple, des étudiants de troisième et quatrième année (externes), qui par les années passées pouvaient prendre en charge cinq à six patients, doivent maintenant se contenter de deux ou trois patients.
Mathieu Dufour affirme par ailleurs que « cela n'est que la pointe de l'iceberg; nous en sommes encore à appréhender l'effet cumulatif des « méga-cohortes » dans les milieux cliniques ». En effet, ce n'est qu'avec deux ou trois années de recul supplémentaires qu'il sera possible de constater l'effet global de ces hausses d'admission, avec l'arrivée l'an prochain, dans les stages d'externat et dans les programmes de résidences, des plus importants contingents d'étudiants en médecine.
Pour ces raisons, cette année, la FMEQ a recommandé aux intervenants du Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) une stabilisation du nombre des admissions dans les facultés de médecine. De même, la FMEQ encourage le MSSS à explorer des mesures, nouvelles et audacieuses, afin d'en arriver à endiguer la pénurie d'effectifs médicaux.
La Fédération médicale étudiante du Québec
La Fédération médicale étudiante du Québec regroupe les quatre associations des étudiants et étudiantes des facultés de médecine de Laval, McGill, Montréal et Sherbrooke. Elle compte 3 412 membres, dont 65 % de femmes et 35 % d'hommes. La durée de la formation pré-doctorale est de quatre à cinq ans selon l'université. Alors que les premières années du curriculum se déroulent principalement sur les campus universitaires, les deux dernières années, l'externat, correspondent à des périodes de stages non rémunérés en milieux hospitaliers à travers le Québec. Les étudiants externes font partie intégrante de l'équipe traitante et apportent quotidiennement, dans le cadre de leur apprentissage, des soins à la population. Par la suite, l'étudiant doit terminer un programme post-doctoral de deux à sept ans, la résidence, avant de pratiquer de manière autonome.
Source :
Mathieu Dufour, président
Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ)
