Montréal, le 21 mars 2007 - En cette campagne électorale provinciale, la FMEQ se désole de constater que tous les partis aspirant à former le prochain gouvernement soient muets quant aux conditions de formation des étudiants en médecine. Or, dans les faits, les conditions de formation sont tantôt difficiles, tantôt préoccupantes devant des milieux de stage sursaturés. Dans plusieurs Faculté de médecine, un réinvestissement est demandé pour maintenir les missions académiques.
En effet, l'augmentation des cohortes en médecine dans les quatre facultés de médecine ne s'est pas fait sans heurts. « Une augmentation du simple au double, soit d'environ 400 à 800 étudiants, doit nécessairement impliquer une évolution conséquente de l'enveloppe bugétaire afin d'assurer la pérennité de la qualité de la formation » argumente Mathieu Dufour, président de la FMEQ.
Une formation médicale adéquate requiert une exposition clinique variée qui, de surcroît, doit pouvoir compter sur des ressources matérielles, professorales et cliniques suffisantes. Celles-ci doivent être bien entendu dûment financées. « À la Faculté de médecine de l'Université Laval, plus précisément pour les étudiants à l'externat, il y a un sérieux manque à gagner académique causé par l'augmentation des cohortes. Pour y pallier, un investissement non récurrent de 25 millions a été demandé par la Faculté. À ce jour, aucune réponse claire n'a été obtenue. Qu'a fait le gouvernement sortant et quelles sont les positions des formations politiques candidates à ce sujet? » se questionne Saber Labidi, président du Regroupement des étudiants en médecine de l'Université Laval.
Du reste, la Fédération médicale étudiante du Québec croit nécessaire l'augmentation des cohortes pour obvier à la pénurie d'effectifs médicaux et aux fâcheuses conséquences en découlant. Toutefois, la Fédération demande le gel du nombre d'étudiants admis dans les Facultés de médecine tant et aussi longtemps qu'un investissement dans la formation médicale n'est pas garanti. « C'est la responsabilité du gouvernement de s'assurer que nos facultés jouissent d'un financement convenable, cela en accord avec le désir des Québécois de voir graduer des médecins compétents et au service de la population », conclut Mathieu Dufour.
La Fédération médicale étudiante du Québec regroupe les quatre associations des étudiants et étudiantes des facultés de médecine de Laval, McGill, Montréal et Sherbrooke. Elle compte 3 412 membres, dont 65% de femmes et 35% d'hommes. La durée de la formation pré-doctorale est de quatre à cinq ans selon l'université. Alors que les premières années du curriculum se déroulent principalement sur les campus universitaires, les deux dernières années, l'externat, correspondent à des périodes de stages non rémunérés en milieux hospitaliers à travers le Québec. Les étudiants externes font partie intégrante de l'équipe traitante et apportent quotidiennement, dans le cadre de leur apprentissage, des soins à la population. Par la suite, l'étudiant doit terminer un programme post-doctoral de deux à sept ans, la résidence, avant de pratiquer de manière autonome.
Sources :
Mathieu Dufour, président
Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ)
Saber Labidi, président
Regroupement des étudiants en médecine de l'Université Laval (RÉMUL)
