La Fédération médicale étudiante du Québec est exaspérée : où est l'« énergie nouvelle » annoncée par le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes du Québec ?
Pendant que les « discussions » entre le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) s'éternisent, les moyens de pression auprès des étudiants en médecine sont maintenus et certains étudiants accumuleront bientôt plus de sept semaines sans stage. « Honnêtement, on ne sait plus où se tourner pour que les choses changent », de s'inquiéter Mathieu Dufour, président de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ). « Nous sommes heureux de voir que les discussions progressent. C'est important pour nous que le conflit soit complètement réglé une fois pour tout; on ne veut pas d'autres moyens de pression dans quatre ans, tels que nos étudiants ont vécu en 2002-2003. Cependant, plusieurs questions restent toujours sans réponses. »
On nous oublie ?
Les étudiants en médecine se sentent oubliés. Nous avons l'impression que les deux parties sont tellement occupées dans leur bras de fer qui n'en finit plus, qu'ils en oublient les victimes prises en otage. « Qu'on cesse les moyens de pression si les discussions vont si bien qu'on nous le laisse entendre. Et qu'on passe aux négociations », demande raisonnablement Mathieu Dufour.
Un diplôme à rabais ?
Heureusement, les étudiants en première et deuxième années vivent un certain répit, étant soit en période d'examens, soit en vacances. Néanmoins, vu qu'ils ne sont pas visés par les ordonnances du Conseil des services essentiels (CSE), le retour en janvier n'est pas de bon augure. « On n'est pas loin d'un diplôme à rabais », de déplorer Mathieu Dufour. « Pour l'ensemble des années du programme en médecine, ça ressemble de plus en plus à des cours par correspondance. Et l'énoncé du Dr Barrette indiquant que ça pourrait durer pendant les cinq prochaines années est loin d'être rassurant. » Pour les deux premières années du programme, on parle d'enseignement en petits groupes sans médecins enseignants, de cours complètement annulés dans des sphères de médecine peu enseignées dans l'ensemble du programme et d'annulation de séances pratiques où on apprend l'examen physique.
Un retour le 1er janvier ?
Pour les étudiants de troisième et quatrième années, la FMSQ devra se conformer aux ordonnances du CSE dès le nouvel An vu que l'Université Laval, l'Université McGill et l'Université de Montréal donnent toutes une date butoir du 1er janvier 2007. « Ce qu'on nous dit est qu'une fois ces dates passées, les impacts deviennent catastrophiques, avec une capacité de récupération extrêmement difficile », de confier Mathieu Dufour. « Ce n'est pas difficile de comprendre vu que certains de nos étudiants vivent un congé forcé depuis bientôt deux mois ». Vu que le point de non retour pour l'Université de Sherbrooke était lundi dernier, la FMSQ a suivi l'ordonnance du CSE et a demandé à ses membres de reprendre les stages. « La reprise s'est bien effectuée. Ça nous rassure pour les étudiants des autres universités pour qui les stages devraient aussi reprendre sans anicroche. »
Des traces indélébiles ?
Par contre, les effets négatifs sont bien réels. On parle de stages complets qui ne seront pas repris. Pour certains étudiants, ils seront pénalisés lors de leur admission en résidence. Pour d'autres, ils seront moins prêts en tant que médecins résidents. « Nos facultés préparent des mesures de rattrapage qui combleront certaines lacunes. Nous sommes tout de même conscients que les séquelles du conflit seront indélébiles. », de s'attrister Mathieu Dufour. « Nous sommes les premiers à en souffrir, mais nos futurs patients pourraient également vivre, malgré eux, les retombées du conflit. »
La Fédération médicale étudiante du Québec
La Fédération médicale étudiante du Québec regroupe les quatre associations des étudiants et étudiantes des facultés de médecine de Laval, McGill, Montréal et Sherbrooke. Elle compte 3 412 membres, dont 65 % de femmes et 35 % d'hommes. La durée de la formation pré-doctorale est de quatre à cinq ans selon l'université. Alors que les premières années du curriculum se déroulent principalement sur les campus universitaires, les deux dernières années, l'externat, correspondent à des périodes de stages non rémunérés en milieux hospitaliers à travers le Québec. Les étudiants externes font partie intégrante de l'équipe traitante et apportent quotidiennement, dans le cadre de leur apprentissage, des soins à la population. Par la suite, l'étudiant doit terminer un programme post-doctoral de deux à sept ans, la résidence, avant de pratiquer de manière autonome.
Source :
Mathieu Dufour, président
Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ)
Renseignements :
Ligne média : 514-726-2488 (cellulaire);514-202-6600 (téléavertisseur)
Info@fmeq.ca
www.fmeq.ca
