Affaires politiques

Que sont les affaires politiques

Le volet des affaires politiques de la FMEQ s’assure de la représentation des étudiants en médecine du Québec notamment auprès des instances gouvernementales. Les délégués de la FMEQ suivent de près les développements sur la scène politique touchant directement ou indirectement les étudiants en médecine, que ce soit au niveau de leur formation ou de leur cadre de pratique futur. Dans cette optique, les dossiers relevant de la Santé et de l’Éducation présentent un intérêt particulier puisque la formation médicale se situe au confluent de ces deux grands champs priorisés par les gouvernements tant fédéraux que provinciaux.

Par sa présence au sein de différents comités et par le dépôt de documents devant diverses commissions parlementaires, la FMEQ contribue à garder présente l’importance d’une formation médicale de qualité chez les futurs médecins dans les débats qui animent les systèmes de la santé et de l’éducation.

Valorisation de la médecine familiale

Programme des bourses d’etudes pour les etudiants en medecine

Les Bourses d’études pour les étudiants en médecine du CMFC (Collège des médecines de famille du Canada) reconnaissent des étudiants en médecine qui ont démontré un intérêt marqué pour la médecine familiale ou sont résolus à poursuivre une carrière dans ce domaine. Tous les étudiants en médecine qui sont à leur avant dernier année d’études pré-doctorales au moment de la mise en candidature sont admissibles. 

La date limite pour faire une demande cette année était le est le 15 avril 2015.  La valeur de chaque bourse d’étude est de 10 000 $. Une bourse sera décernée dans chaque faculté de médecine du Canada.  Les bourses d’études sont normalement desservies en juillet de la même année. Pour plus de détails, et pour faire une demande, voir : http://www.cfpc.ca/les_étudiants_en_médecine/

Guide des résidences

Chaque année, la FMEQ est heureuse de vous présenter une nouvelle édition édition du guide des résidences, un nouvel outil incontournable lorsque vient le temps de faire son choix de carrière!

N’hésitez pas à le partager avec tous vos collègues et surtout, le consulter vous-même!

Cliquez ici pour accéder au guide des résidences 2013-2014 (http://issuu.com/acrochette/docs/guide_des_r_sidences_2013-2014_version_pdf) et ici pour celui 2014-2015 (http://issuu.com/fmeq/docs/guide_des_r__sidences_2014-2015_ver).

En espérant que ce guide vous sera utile!

Aide financière aux études ou AFE

Qu’est-ce que l’AFE et que nous apporte-t-elle?

L’Aide financière aux études (AFE) est une unité autonome de service du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, et qui a pour mission de favoriser l’accès aux études en offrant un régime d’aide financière adapté aux besoins de la population étudiante, sous formes de prêts et bourses. 

Les banques peuvent aussi octroyerdes prêts aux étudiants, mais les intérêts s’accumulent tout au long de vos études, et surtout, elles n’offrent pas de bourses! 

C’est donc à ce niveau que l’AFE devient intéressant pour les étudiants : ce programme offre des prêts dont les intérêts et le remboursement ne commencent qu’à la fin des études, et beaucoup de bourses qui n’ont, par définition, pas besoin d’être remboursées. 

Par exemple, le montant moyen accordé à un étudiant en médecine de quatrième année, et qui n’a aucun revenu d’emploi ou de bourses, se chiffre à environ 13 000 $, soit environ 4000 $ de prêts sans intérêt et 9000 $ de bourses.

À quel moment les étudiants ont-ils droit à l’aide financière? C’est ce que vous pourrez vérifier dans le texte qui suit. 

À combien avons-nous droit?

Les montants offerts sont très variables d’un étudiant à l’autre puisque le programme d’AFE calcule les besoins financiers des étudiants et les contributions financières qu’ils reçoivent d’ailleurs.

Alors avant de se lancer dans les prédictions, voyons un peu comment sont structurés ces calculs.

Le programme calcule les besoins financiers de chaque étudiant en fonction des dépenses admissibles de chacun et de leurs contributions attendues à leurs études.

Dépenses admises –Contributions = Besoins financiers 

Le programme calcule les dépenses admissibles en fonction des frais de subsistance (variant selon la situation matrimoniale, habiter chez ses parents ou non, etc.), des frais de scolarité, du coût du matériel informatique, du transport, des frais médicaux, etc. Par exemple, le gouvernement considère qu’un étudiant résident chez ses parents paient des frais de subsistance de 345$ par mois comparé à 758$ pour un étudiant ne résident pas chez ses parents.Un questionnaire doit donc être rempli durant l’application à l’AFE afin d’inscrire toutes ces dépenses.

Ensuite, le gouvernement prend en considération les revenus des étudiants et de leurs parents, les revenus d’emploi, les prestations et les bourses pour calculer une contribution de l’étudiant et de sa famille. Pour les salaires, parents comme étudiants doivent contribuer à partir d’un certain seuil de rémunération.

Une fois les dépenses admises et les contributions calculées, le premier est soustrait au deuxième pour obtenir le montant que le gouvernement considère comme étant les besoins financiers de l’étudiant. Le montant attribué aux étudiants varie donc beaucoup. Toutefois, une règle subsiste : si le montant de vos besoins financiers est supérieur au plafond de prêt, vous recevrez l’excédent en bourse. Le plafond de prêt est le montant maximal que le gouvernement demandera à un étudiant de rembourser dans le futur.

Le plafond de prêt est établi selon le type de programme d’études (ici, des études universitaires en médecine, 1er cycle) et la durée des études (pour une année). Les étudiants universitaires du premier cycle en 2011-2012 ont droit à un 305$ par mois d’études.

Vos besoins financiers qui ne sont pas couverts par ce montant mensuel seront donc comblés par des bourses. Mais il y a bien-sûr un plafond à cette aide financière. Le montant maximum de bourse pouvant être accordé s’élève à 16 252 $ si vous êtes à l’université en 2011-2012. Ce montant variera d’année en année.

Une fois qu’une aide financière vous sera calculée et attribuée par le programme de l’AFE, vous connaîtrez la répartition des versements et la proportion des prêts et des bourses qui vous seront accordés.

Contribution des parents

Malheureusement, cette aide n’est pas disponible pour tout le monde. Tel qu’expliqué plus tôt, le programme prend en compte les étudiants avec contribution des parents ou d’un conjoint. Car en vertu du Code civil du Québec, les parents doivent contribuer au financement des études de leur enfant (articles 507 à 609). Ils ont le devoir de nourrir, d’entretenir et d’éduquer leur enfant, et ce, même si celui-ci a plus de 18 ans. Donc, en fonction du revenu de vos parents (ou conjoint), le programme décidera quelle contribution leur sera demandée pour vos études.

Si vos parents ont un revenu de moins de 44 000$, aucune contribution ne leur sera demandée. Par contre, s’ils gagnent plus de 44 000$ une contribution leur sera exigée, variant pour chaque tranche de salaire gagné (les plus gros salariés doivent contribuer davantage).

Il se peut donc que si vos parents ont des revenus élevés, l’AFE ne vous octroiera pas d’aide financière avant d’être considéré autonome de vos parent, car le montant de contribution de vos parents équivaudrait à vos besoins financiers.

Quand sommes-nous considérés comme autonomes alors? La grande question.

Vous êtes automatiquement considéré comme étant autonome si vous avez des enfants (mais là certaines conditions s’appliquent), si vous êtes orphelin, enceinte, marié ou si vous répondez à certains critères liés à vos études.

Pour ceux dont le revenu des parents était considéré comme assez élevé pour devoir contribuer entièrement à leurs études, voici votre porte de sortie. 

Selon le règlement de l’AFE, « est réputé ne pas recevoir une contribution de ses parents ou de son répondant, l’étudiant qui poursuit des études universitaires au Québec depuis au moins 3 ans et qui a accumulé 90 unités dans un même programme d’études ». Ceci signifie que tous les étudiants ayant soit un baccalauréat universitaire ou ayant complété trois années d’études au Doctorat en médecine selon un cheminement habituel dans une des quatre facultés du Québec sont considérés autonomes.

Alors : à vos souris, étudiants à leur quatrième année d’université!

À quel moment devons-nous rembourser cette aide financière?

Pendant les six mois qui suivent la fin de vos études, soit la résidence dans votre cas, vous bénéficiez d’une période d’exemption partielle. Vous n’avez pas encore à rembourser vos prêts de l’AFE.

Mais, dès le début du mois suivant la fin de votre résidence, les intérêts sur cette dette deviennent à votre charge. Vous pouvez commencer immédiatement à les payer ou les laisser s’accumuler pendant six mois avant de les payer. Vous pouvez aussi demander qu’ils soient capitalisés, c’est-à-dire ajoutés à votre dette d’études. 

De plus, sachez que le capital et les intérêts peuvent être remboursés sur une période de quinze ans, par un paiement mensuel prédéterminé avec le gouvernement.

À combien les intérêts s’élèvent-ils sur les prêts?

Tout au long de vos études, c’est le gouvernement qui assure le paiement des intérêts sur le prêt pour des études que vous avez contracté.

À partir du moment où vous commencez à rembourser votre dette d’études et tout au long de votre période de remboursement, vous pouvez bénéficier d’un allègement fiscal. En effet, les gouvernements du Québec et du Canada vous accordent un crédit d’impôt non remboursable pour les intérêts que vous avez payés sur un prêt pour études.

À la fin de votre période d’exemption partielle, vous êtes tenu de commencer à rembourser votre dette d’études. Vous devez alors conclure une entente de remboursement avec votre établissement financier, qui vous accordera un taux d’intérêt variable ou fixe.

Comment faire une demande d’AFE?

Si vous voulez bénéficier du Programme de prêts et bourses pendant vos études, vous devez faire une demande d’aide financière par internet (www.afe.gouv.qc.ca), section Dossier Étudiant. Mais votre démarche ne s’arrête pas là! Une fois votre demande acceptée par l’Aide financière aux études et tout au long de vos études, en effet, vous devrez remplir quelques formalités pour vous assurer de recevoir l’aide qui vous est attribuée. Voici donc les étapes à suivre :

  1. Remplir le formulaire sur le site internet. Il est nécessaire de posséder son numéro d’assurance sociale (NAS) et son code permanent;
  2. Faire approuver votre demande par le bureau d’aide financière de votre université, ceux-ci enverront votre demande au ministère;
  3. Une fois que le bureau d’aide approuve votre demande, celle-ci est acheminée au ministère qui vous accordera un montant de prêts et bourses. Ce montant sera affiché dans votre dossier étudiant sur internet (un courriel vous sera aussi envoyé).
  4. Le ministère émettra un certificat de garantie qui sera acheminée au bureau d’aide financière de votre université. Il faut aller le récupérer.
  5. Déposer le certificat de garantie avant la date limite chezune des institutions financières suivantes : caisse Desjardins, Banque de Montréal, Banque Nationale ou Banque Royale du Canada. Les montants mensuels seront ensuite automatiquement versés dans votrecompte bancaire.
  6. Mettre à jour vos déclarations de revenus.

Liens intéressants

Simulateur de calcul 

Le simulateur de calcul est un outil qui vous permet de connaître le montant d’aide financière qui pourrait vous être accordé dans le cadre du Programme de prêts et bourses pour une année d’attribution donnée. 

Coordonnées

www.afe.gouv.qc.ca 

Bureaux d’aide financière :

  • Université de Sherbrooke : Local E1-117, Pavillon de la vie étudiante
    819 821-7665
     
  • Université de Montréal : Pavillon J.-A.-DeSève, 2332, boul. Édouard-Montpetit
    4e étage, local B-4439
  • Université Laval : Pavillon Alphonse-Desjardins, 2325, rue de l’Université, local 2546
  • Université McGill : Pavillon Brown (Services aux étudiants, 3600, rue McTavish, Bureau 3200

Planification des effectifs médicaux aux Québec

Introduction

La planification des effectifs médicaux n’est peut-être pas le sujet de conversation le plus populaire auprès des étudiants en médecine au Québec, c’est cependant un sujet dont on devrait tous s’informer. Elle est très importante, car elle aura un impact majeur sur notre future carrière, par exemple notre spécialisation, la région où nous travaillerons, le type de pratique que nous aurons.  

Il faut savoir qu’au Québec, le gouvernement a un pouvoir quasi absolu sur la pratique médicale, dans le sens où le ministère de la Santé décide du nombre d’admissions au doctorat en médecine, de la répartition des postes en résidence, sans compter les fameux plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM) qui décident des endroits où les médecins peuvent travailler, ou encore les activités médicales particulières (AMP) qui forcent les médecins de famille à faire certaines activités obligatoires.

Le gouvernement est en train de revoir la planification des effectifs médicaux avec la sortie récente d’un modèle de projection pour les 20 prochaines années qui aidera le gouvernement à prendre des décisions cruciales pour l’avenir. Ces décisions pourraient amener de gros changements et influenceront assurément votre choix de carrière, d’où l’importance d’en parler dans ce guide. Le document actuel se veut un résumé où les petits détails sont évacués, si vous avez plus de questions n’hésitez pas à nous contacter.

Évolution des effectifs médicaux

Dans les dernières années, les effectifs médicaux ont beaucoup changé au Québec.  Par exemple du côté des spécialistes, nous sommes passés de près de 6500 spécialistes en pratique en 1990 à près de 7000 en 2001 à plus de 8300 en 2011. Durant la même période de 1990 à 2011, les médecins de famille sont passés de près de 6300 à plus de 7700.  Il y a donc une hausse constante de nombre de médecins au Québec, à l’exception d’une période à la fin des années 90 où le gouvernement péquiste de l’époque avait favorisé l’accélération des départs à la retraite.  Il y a également eu au cours des années une place de plus en plus importante des femmes en médecine. Elles représentaient en 2010 49% des médecins de famille en exercice et 35% des spécialistes. L’âge des médecins a également suivi la tendance québécoise avec un vieillissement global de l’effectif. Tous ces facteurs et plusieurs autres ont transformé la réalité sur le terrain et continueront d’avoir un impact important dans l’avenir. 

Admissions

Une des variables qui a été particulièrement importante est le nombre d’admissions au doctorat en médecine. En 2013, le nombre d’admissions, bien que stable par rapport à l’an dernier, est à un niveau record, soit 847 admissions dans le contingent régulier (879 si on ajoute les contingents particuliers (N-B, armée, premières nations, etc.)). Jusqu’à maintenant, les facultés semblent capables de bien répondre à ce nombre élevé d’étudiants, bien que quelques inquiétudes subsistent concernant l’exposition clinique.

La crainte de la FMEQ par rapport au nombre élevé d’admissions touchait entre autres à la question de l’exposition clinique, mais également à la question de l’emploi. Nous avons pu constater dans les dernières années que même si les Québécois manquent de médecins, dans certains domaines les finissants peinent à se trouver un poste pour travailler par manque de ressources du gouvernement pour offrir un nombre de postes suffisant pour tous (salles d’opération, personnel, équipement, etc.). Ces cas au départ anecdotiques et par la suite de plus en plus fréquents combinés aux hausses d’admissions ont soulevé de nombreuses craintes de notre part. La FMEQ craint notamment que certains étudiants manquent d’emploi à la fin de leur résidence, ce qui serait inacceptable, surtout dans un contexte où c’est le MSSS qui est responsable de la situation, puisqu’il contrôle à la fois les admissions, places en résidences et postes. Durant l’année 2011-2012, la FMEQ s’est donc positionnée en faveur d’une diminution prudente des admissions au doctorat en médecine.

Répartition des postes en résidences

Autrefois, 45% des postes de résidences offerts étaient en médecine familiale contre 55% en spécialité. Présentement, le gouvernement ramène ce pourcentage à 50-50 à coup de 1% par année. Nous en sommes, pour 2013, à 47% médecine familiale et 53% en spécialité. La FMEQ supporte ce changement puisque les étudiants en médecine ont clairement démontré récemment leur intérêt grandissant pour la médecine familiale, avec des taux record d’application dans ce domaine, et nous sommes conscients que cela répond mieux aux besoins du Québec.

La répartition des postes en spécialité se fait en se basant sur les besoins dans les différents domaines, mais également en fonction des programmes et de plusieurs autres facteurs. C’est donc un processus quelque peu imprévisible et imparfait qui est loin de relever d’une science exacte. La tendance globale est à la baisse dans plusieurs spécialités, notamment les chirurgicales.

Évolution des besoins de la population

La population du Québec changera dans les prochaines années, les besoins en santé aussi. En se basant sur diverses projections qui semblent assez fiables, le ministère a calculé le nombre de médecins qui seraient nécessaires pour maintenir l’offre de service actuel en santé et également le nombre de médecins pour remplir les réels besoins de la population, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Il faudrait 11 400 médecins spécialistes et 10 660 médecins de famille en 2032 pour maintenir l’offre de services ainsi que 12 200 spécialistes et 11 840 médecins de famille pour répondre aux besoins de la population.

Il est difficile de mettre en doute ces chiffres. Cependant, on peut se poser une grande question: Le système sera-t-il capable d’absorber tous ces effectifs? Avant que de nouveaux postes s’ouvrent, est-ce que certains jeunes diplômés frapperont un mur? Dans ce contexte où la FMEQ défend qu’il faut être prudent sur les admissions. La dernière position de la fédération est pour une diminution de celles-ci, même si cela entre en contradiction avec les stricts besoins populationnels. Il est important d’avoir une vision à long terme, mais on ne doit pas perdre de vue le court ou moyen terme, où de futurs médecins pourraient se retrouver sans emploi puisque le Gouvernement ne met pas en place les moyens nécessaires pour que tous les engager.

Projections des effectifs

Le MSSS s’est doté d’une nouvelle méthode pour calculer à long terme les effectifs médicaux selon une grande quantité de variables.  Le modèle prend en compte un nombre important de facteurs comme le nombre d’admissions, la répartition des postes offerts en résidence, le taux de comblement des postes, les facultés d’origine des étudiants, le taux d’installation au Québec,  l’arrivée d’étudiants/résidents/médecins étrangers, l’âge, l’attrition et plus encore. Le modèle mathématique semble assez bien fait et permet de faire des projections en modifiant divers facteurs dont le gouvernement a le contrôle.

Trop de spécialistes, pas assez de médecins de famille

Les premiers résultats sont assez frappants. Si on laissait aller la situation comme elle est présentement, nous aurons d’ici 20 ans, beaucoup plus de spécialistes que le Québec en a besoin et pas assez de médecins de famille pour répondre aux besoins de la population. Du côté de la médecine familiale, il y aurait cependant une meilleure offre de service qu’actuellement. La situation serait assez difficile, car on ne peut se permettre de former plus de médecins que le nombre requis, cela pourrait amener à du chômage ou à l’exil de médecins québécois.

Si le gouvernement maintient le cap sur ses diverses politiques actuelles, le nouveau modèle nous montre que nous pourrions  avoir en 2032 un surplus important en médecine spécialisée avec 12 650 médecins spécialistes, beaucoup plus que les 12 200 nécessaires pour combler les besoins de la population et encore plus que les 11 400 pour maintenir l’offre de service au niveau actuel. Du côté des médecins de famille, nous aurions en 2032  11 140 omnipraticiens, soit moins que les 11 840 nécessaires pour combler les besoins de futurs Québécois. Cela équivaut tout de même une amélioration, car il en faudrait 10 660 à ce moment pour maintenir l’offre de service au niveau de 2011.

 

Le ministère a par la suite fait près de 600 projections basées sur différents scénarios. Par exemple en faisant varier  le nombre d’admissions au cours des prochaines années en les augmentant jusqu’à 900 ou les diminuant à 800. On a aussi joué avec le ratio de répartition des places en résidence entre le 50% médecine familiale – 50% spécialité qui sera atteint prochainement. On a testé des scénarios à 55 et même 60% de postes en médecine familiale.

Finalement, celui qui semble le plus plausible et retenu jusqu’à maintenant par le gouvernement consiste en :

  • Un gel du nombre annuel d’admissions en médecine à 847 dans le contingent régulier.
  • D’une inversion du ratio traditionnel médecine familiale vs spécialité vers respectivement 55% et 45% et ce dès 2017.

Avec ces changements, on se retrouverait pour 2032 avec 12 040 spécialistes et 11 790 médecins de famille, soit beaucoup plus près des cibles voulues.

 

Il y a cependant plusieurs obstacles que le gouvernement risque de rencontrer en allant de l’avant ainsi, dont 3 majeurs :

  • Les facultés doutent de pouvoir arriver à offrir 55% des postes en médecine familiale. Déjà le 50% visé actuellement est difficile à atteindre. Il faut beaucoup d’argent et de ressources pour développer le réseau des UMF, de plus les possibilités d’expansion ne sont pas illimitées.
  • Est-ce que le réseau de la santé sera capable d’accommoder autant de médecins, est-ce que nous aurons les ressources et les moyens pour le faire.  Le gouvernement semble pelleter cette question par en avant. C’est bien beau avoir assez de médecins, il faut encore pouvoir les faire travailler.
  • Peu importe ce que l’on fera, on risque fort de se retrouver avec un surplus de spécialistes dans les prochaines années. Les spécialistes étant un groupe hétérogène, la situation pourrait être très variable d’un domaine à l’autre. On peut se demander comment le gouvernement pourra gérer cette situation.

Implications pour les étudiants 

Les choix  de carrière seront restreints pour les futurs étudiants. Le 55% de postes en médecine familiale et 45% en spécialité semble difficile à réaliser à court terme, mais on va y venir très prochainement. Les étudiants devront être conscients dès leur admission que les postes en spécialité seront de plus en plus limités. Il faudra faire attention à l’ambiance malsaine que cela pourrait causer dans les diverses cohortes d’étudiants.

On ne peut nier la réalité, il faudra effectivement former plus de médecins de famille et il faudrait maintenir les admissions au même niveau si l’on regarde uniquement les besoins populationnels. Il faut s’assurer que le MSSS ne se base pas uniquement sur ce facteur, car il y a une différence entre les besoins de la population et les postes offerts pour travailler. On doit éviter à tout prix que certains étudiants se retrouvent sans emploi à la fin de la formation.

Position de la FMEQ

Votre fédération étudiante avec l’accord, de vos associations locales, s’est prononcée l’an dernier pour une diminution prudente des admissions en médecine. Même si le modèle nous montre, d’un point de vue strictement besoins populationnels, qu’il faudrait les garder stable, la réalité où plusieurs nouveaux médecins peinent à se trouver un poste au Québec et l’incapacité du gouvernement à nous démontrer que tous les étudiants actuellement admis pourront travailler ici nous force à conserver la même position. Comme mentionné précédemment dans ce texte, c’est bien de voir à long terme, mais ce n’est pas en poussant des médecins au chômage et à l’exode dans les prochaines années par manque d’emploi qu’on va améliorer la situation au Québec.

Du côté du ratio médecins de famille / spécialistes, la FMEQ s’était prononcée en faveur du ratio de 50-50 qui sera bientôt atteint. Elle ne s’est pas encore penchée sur le 55 / 45. Les chiffres nous laissent cependant croire que nous devrons nous adapter à la situation, en s’assurant bien entendu que la qualité de la formation ne soit pas compromise.

Dans tous les cas, soyez assurés que votre fédération continuera de travailler sans relâche pour assurer que les décisions qui seront prises par le gouvernement n’iront pas à l’encontre des intérêts des étudiants en médecine du Québec. Nous continuerons également de vous informer sur les développements dans ce dossier.